Presse : Notre système de retraites ne connaît pas la crise

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Article d'Alternatives économiques du 2 décembre 2019

Loin du tableau apocalyptique dressé par certains, l’avenir du système français de retraites est assez serein, les difficultés qu’il a connues étant d’ores et déjà largement résorbées. Le gouvernement veut chambouler le système de retraites. Au grand projet de réforme universelle à points défendu par Emmanuel Macron vient s’ajouter le spectre d’un allongement de la durée de vie au travail, justifié par l’annonce d’un déficit de 8 à 17 milliards d’euros en 2025. Une réforme, voire deux réformes à hauts risques pour un jeu qui n’en vaut pas forcément la chandelle. Car la santé de notre système par répartition qui a enchaîné les régimes se porte bien, merci.

Tour d’horizon en 9 graphes.

1/ Un système de retraites français (quasiment) revenu à l’équilibre

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2/ Financement des retraites : rien d’inquiétant à l’horizon 2030

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3/ Les retraités partent déjà de plus en plus tard

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4/ La retraite moyenne baisse déjà

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5/ La baisse des pensions devrait se poursuivre

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6/ La France est bien un des pays d’Europe où les retraites pèsent le plus lourd

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7/ Parce que l’Hexagone dépense beaucoup, il a peu de retraités pauvres

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8/ La France est un des pays d’Europe où la part des retraites dans le PIB devrait baisser le plus

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9/ La mauvaise-bonne nouvelle de l’espérance de vie

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Bref, notre système de retraites présente certes quelques défauts qu’il faudrait corriger mais il n’y a manifestement pas le « feu au lac ». Le gouvernement entend pourtant changer radicalement le fonctionnement du système. Avec la retraite à points, on passerait en effet d’un système principalement « à prestations définies » – le niveau de la rémunération reçue pendant la période d’activité détermine celui de la retraite future – à un système « à cotisation définie » – ce que l’on paie chaque mois pour la retraite n’engage à rien de précis sur ce qu’on touchera plus tard.

Un tel changement risque de faire de nombreux perdants, notamment parmi les fonctionnaires mais aussi parmi ceux qui auront connu des années difficiles sur le marché du travail – chômage, petits boulots précaires… Il parachèverait également l’étatisation de la protection sociale en donnant les clefs du système à Bercy. Et la tentation serait évidemment forte pour nos grands argentiers d’en profiter pour accélérer encore la baisse des retraites futures afin de diminuer les dépenses publiques.